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DISCOURS DES FORCES VIVES DE LA NATION

PRESENTATION DES VŒUX DU NOUVEL AN 2010 AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU NOM DE LA SOCIETE CIVILE

Janvier 2010

lundi 4 janvier 2010


Janvier 2010

DISCOURS DES FORCES VIVES DE LA NATION A L’OCCASION DE LA PRESENTATION DES VŒUX DU NOUVEL AN 2010 AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE AU NOM DE LA SOCIETE CIVILE

Excellence Monsieur le Président de la République du Mali

Au seuil de la nouvelle année, l’honneur me revient une fois de plus de vous présenter, au nom de l’ensemble des composantes des forces vives du Mali, nos vœux de bonne et heureuse année à vous, à votre famille à vos collaborateurs et collaboratrices directs ainsi qu’à toute l’équipe gouvernementale qui vous assiste dans la conduite des affaires publiques. Puisse l’année 2010, être pour vous, une année de santé, de bonheur, de concorde, de plus de cohésion et de pleine réussite dans votre mission qui consiste à faire du Mali une nation prospère, stable et unie.

Excellence Monsieur le Président de la République, Au nom de la société civile que j’ai aujourd’hui, le privilège de représenter, permettez-moi de vous réitérer nos félicitations pour l’ensemble des actions positives que vous avez menées et que vous continuez de mener. A ce titre, Excellence, je citerai spécialement le Programme de Développement Economique et Social (PDES), qui est en cours d’exécution. La Société Civile malienne, réaffirme sa volonté de vous accompagner pour la réussite de ce vaste chantier dont les bénéficiaires demeurent l’ensemble du peuple malien.

La société civile saisit également cette belle opportunité pour encourager le Gouvernement dans sa stratégie actuelle d’implication réelle de tous les acteurs dans la gestion des affaires publiques au Mali. Nous saluons aussi votre engagement personnel dans des actions prometteuses comme : la lutte contre le VIH – sida, la tuberculose, le paludisme, l’insécurité routière, la paix et la sécurité, la sécurité alimentaire et de multiples autres actions de développement économique, social et culturel.

Nous prenons acte de la répartition des fonds issus de la privation de la SOTELMA et nous insistons sur une gestion saine des conséquences sociales.

Nous ne saurions vous dire Excellence Monsieur le Président combien nous apprécions le modèle malien en matière de prise en charge des personnes âgées, des handicapés et de gestion concertée avec les partenaires sociaux. Cependant, la société civile souhaite que la mise en œuvre amorcée des accords signés entre le Gouvernement et les partenaires sociaux d’une part et le renforcement dans la prise en charge des personnes âgées et personnes handicapées d’autre part se poursuivent. Toutefois nous ne saurions nous taire sur la situation des travailleurs de HUICOMA et nous exhortons le Gouvernement à trouver une issue urgente et heureuse pour ces centaines de familles en détresse.

Excellence Monsieur le Président de la République, Nous n’oublions pas que l’année 2009 a été une année riche pour la société civile en termes de reconnaissance et de revalorisation. La Société civile a participé à : La table ronde sur la Gouvernance de la Sécurité où elle est membre du Comité d’Orientation et de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères La préparation du programme national de lutte contre la corruption et la délinquance financière en vue de l’élaboration du Programme national de lutte contre la corruption et la délinquance financière L’évaluation de l’état de mise en œuvre de l’instruction N°08-0003/PM-RM du 21 Novembre 2008 relative au transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales du Premier Ministre du Gouvernement ; La préparation et la mise en œuvre du processus du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Paires (MAEP) La participation aux Etats généraux sur le foncier Elle est aussi signataire du Pacte ECOWAP Programme de développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA) pour la formulation, la mise en œuvre et le suivi évaluation du Programme d’investissement sectoriel Agricole (PNISA) du Mali. Cet intérêt porté à la société civile nous rassure et nous renforce dans notre conviction, que notre démocratie se renforce.

Son Excellence, Monsieur le Président de la République, notre paysage associatif s’est enrichi depuis ces quinze dernières années par l’émergence de nouveaux acteurs fédérateurs de la Société Civile Malienne dont la participation à la gestion de la vie publique impose la relecture de la loi 92-031 fixant organisation, fonctionnement et mode de désignation des membres du Conseil Economique Social et Culturel du Mali ainsi que le décret 94 -194/P-RM du 3 juin 1994 portant nomination des membres du CESC.

Excellence Monsieur le Président de la République, Par rapport aux valeurs culturelles et au dialogue social, nous reconnaissons votre attachement à ces valeurs comme facteur essentiel du développement socio économique de notre pays. A cet effet, nous sollicitons l’institutionnalisation de la médiation traditionnelle.

Excellence Monsieur le Président de la République, Une société civile qui ne fait pas de constats et de propositions perd sa légitimité dans la mesure où aujourd’hui chacun se sent engagé vis-à-vis de la nation. Permettez nous de partager avec vous ces quelques préoccupations relatives aux domaines clés de développement national.

Par rapport au développement du secteur productif : Nous insisterons sur les trois domaines suivants ; la souveraineté et la sécurité alimentaire et la micro finance. En ce qui concerne la sécurité alimentaire, nos soucis majeurs demeurent : La forte sortie des denrées alimentaires en direction des pays voisins, au détriment des consommateurs maliens ; La mise en œuvre insuffisante de la loi d’orientation agricole ; L’accélération de la modernisation de l’exploitation agricole familiale, en tant que spécificité de l’économie malienne.

En ce qui concerne la microfinance, Nous avons donné en 2009 notre soutien à la politique nationale en matière de Micro finance mais nous sommes dans l’obligation aujourd’hui de constater qu’il n’y a pas d’harmonie entre cette politique et la gestion qui en est faite.

Par rapport au renforcement du secteur social et de la Gouvernance : Ici également, nous insisterons jamais assez sur les domaines suivants ; l’éducation, la santé, l’emploi en général et celui des jeunes en particulier, la justice, la gouvernance en relation avec les questions de paix et de sécurité, la décentralisation et la relation entre administration et usagers.

Excellence Monsieur le Président de la République, En ce qui concerne l’école, elle reste toujours au centre des préoccupations de l’ensemble des maliens. La société civile apprécie :  Les mesures diligentes prises pour le suivi des recommandations du Forum à travers la commission technique mise en place par la Primature ;

 Le partage avec les acteurs de l’éducation des résultats des travaux de la commission ;

Mais aussi elle déplore :

 la non implication de la Société Civile au processus de suivi des recommandations du Forum national sur l’éducation ;

 la timidité des actions envers les syndicats d’enseignants ;

 la continuité de la violence à l’école ;

 la non rétrocession de la gestion du patrimoine universitaire au Centre National des Œuvres Universitaires ;

 la lenteur dans la mise en place du fonds National pour l’Education

 la timidité de la transformation des écoles communautaires en écoles Communale.

En ce qui concerne la santé, malgré nos appels répétés, nonobstant la construction massive des bâtiments, nous sommes au regret de constater que les maux qui minent ce secteur persistent toujours. Il s’agit de :
  la mortalité maternelle et infantile qui est l’une des plus élevées du monde, le cas de la pédiatrie du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Gabriel Touré en est une preuve éloquente où les enfants malades sont couchés sur la banquette des visiteurs ou à même le sol, les mères de famille servant de potence pour les sérum.
  des coûts élevés des produits pharmaceutiques et des soins,
  des contrôles et suivis inadéquats des services de santé,
  des entorses à la déontologie et à l’éthique gangrenant ce secteur,
  des infrastructures encore très loin des populations limitant du coup l’accès d’un plus grand nombre de personnes aux centres de santé,
  de l’insuffisance de personnel qualifié jouant négativement sur la qualité des soins pour ne citer que ceux-ci. Nous reconnaissons toutefois que des efforts louables ont été consentis par le gouvernement, et des résultats concrets ont été obtenus même s’il reste à les consolider. Notre ultime souhait c’est qu’à l’instar de l’école malienne, la santé aussi fasse l’objet d’une large concertation nationale, pour que des solutions concertées soient trouvées.

En ce qui concerne l’emploi : Aujourd’hui le douloureux problème que rencontrent les familles maliennes c’est le chômage des jeunes. Certes, il est une préoccupation gouvernementale mais surtout une question et un défi pour le développement national car la jeunesse est l’avenir de la nation. Des efforts sont faits et sont entrain d’être faits à travers toutes les structures crées à cet effet. Ces initiatives prises sont loin d’apporter une solution de masse durable à cet épineux problème. Or, une meilleure prise en compte de la préoccupation de cette frange de la population est nécessaire pour mettre notre pays à l’abri des troubles sociaux dont nul ne saurait aujourd’hui imaginer l’ampleur. Nous demandons donc de repenser notre politique d’emploi des jeunes.

En ce qui concerne la justice ; Ce maillon très important de la gouvernance démocratique n’est pas bien perçu par le malien moyen et pauvre qui trouve que la justice ne lui ai pas encore accessible. Nous constatons tous également que les droits humains ne sont pas respectés à cause notamment de la lenteur des procédures judiciaires (600 détenus jugés sur 1800). Nous saluons à ce niveau les efforts déjà consentis et vous exhortons à renforcer les capacités de ce service public pour la réussite de l’oeuvre du renouveau entreprise. Nous saluons l’adoption de la loi portant création de la Commission Nationale des droits de l’Homme.

En ce qui concerne l’implication de la société civile dans la gouvernance : nous constatons que l’implication de la société civile n’est pas totalement ancrée dans le mode de gestion des affaires publiques bien que cette implication soit une exigence démocratique. Nous ne cesserons jamais d’insister sur le combat pour la récompense et la célébration du mérite et contre l’impunité.

Excellence Monsieur le Président de la République,

Suite aux événements relatifs à l’adoption du code des personnes et de la Famille, votre décision éclairée de le renvoyer à une seconde lecture est appréciée par la société civile. Nous rappelons qu’un des rôles clés de la société civile est l’information, la sensibilisation et l’éveil de la conscience des populations. A cet effet, nous nous engageons à jouer notre rôle dans la mesure de nos possibilités humaines, matérielles et financières. Toutefois nous demandons l’appui de l’Etat pour réaliser cette mission.

Concernant la question de la modernisation de l’administration, malgré les réalisations du Programme de Développement Institutionnel, les relations entre usagers et administration ne sont pas encore empreintes de sérénité, de confiance réciproque et de transparence ni de courtoisie. Nous attendons avec impatience l’adoption du code de déontologie dans l’Administration publique qui a été préparé en 2006 et validé en 2008 et son application effective qui nous espérons apportera la solution attendue.

Concernant les problèmes de gouvernance en relation avec les questions de paix et de sécurité, ils continuent à être une préoccupation majeure pour la société civile. Les conflits entre communautés et l’insécurité sur nos routes continuent à menacer la paix sociale dans notre pays.  Pour ce qui concerne l’insécurité entre communautés, nous constatons et déplorons l’émergence de nouveaux acteurs d’insécurité comme le développement de milices à base ethnique sur notre territoire sans oublier la présence et les actions négatives de AQMI en tant que branche de Al-Quaida . Nous souscrivons aux recommandations du forum de Kidal particulièrement l’organisation d’une rencontre de pardon et de réconciliation entre les différentes communautés. Nous saluons l’avènement du programme de gouvernance partagé de la sécurité issu des Etats généraux de la sécurité organisés en 2005. Nous ne sommes pas surpris, car nous savons que ces états généraux déboucheront sur des actions concrètes concourant à l’atteinte des recommandations formulées et adoptées par le Gouvernement sous votre égide. Nous appelons de tous nos vœux l’organisation du sommet des chefs d’Etat de la région sahélo- saharienne sur la sécurité transfrontalière.

 Quant à l’insécurité sur nos routes, nous souhaitons une amélioration de l’état de nos voies par des travaux d’entretien respectant les normes et par une stricte réglementation des ralentisseurs de vitesse sur nos routes. Nous sollicitons la moralisation des agents de sécurité et plus d’engagement de ceux-ci en toute conformité avec la loi. Nous saluons les efforts de la protection civile dans les centres urbains et nous demandons le renforcement de leurs capacités d’intervention.

Excellence Monsieur le Président de la République ; Une question qui ne cessera jamais d’être dite par la société civile car constituant sa préoccupation majeure concerne la mise en œuvre du processus de décentralisation. Depuis l’installation des collectivités locales en 1999 et 2000, des difficultés d’application persistent malgré les avancées incontestables. Nous avions salué votre volonté de donner un coup de pouce à la décentralisation à travers l’instruction N°08-0003/PM-RM du 21 Novembre 2008 relative au transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux Collectivités Territoriales. Cette instruction répond à notre souhait tant attendu de voir le Gouvernement donner un vrai coup d’accélération au processus de transfert des ressources. Nous rappelons, ici, que cette Instruction précise des actions et des mesures communes à tous les départements ministériels et des mesures spécifiques à certains avec des échéances précises de réalisation de ces actions. Force est de constater que le processus après un an de mise en œuvre piétine par rapport aux résultats. Nous savons que la Déclaration de Paris relative à l’aide publique au développement est l’outil privilégié de coopération entre notre pays et nos partenaires techniques et financiers. Nous savons aussi que le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté est le document fédérateur de développement pour les cinq prochaines années (2007-2011) et que l’aide budgétaire sectoriel est aujourd’hui un outil de coopération dans notre pays. Ce pendant, nous craignons que cette lenteur malgré cette décision n’influe sur notre capacité de mobilisation des ressources externes et n’entame l’ardeur de nos communautés qui attendent impatiemment les fruits de cette décentralisation tant voulue et réclamée. Encore une fois, nous rappelons que la réussite du processus de la décentralisation est un enjeu national et une exigence démocratique et c’est pourquoi, Excellence Monsieur le Président de la République, la société civile réaffirme vivement son souhait que votre présent mandat soit dédié à l’accélération du processus de la décentralisation pour plus de cohérence dans les politiques de développement.

Excellence Monsieur le Président de la République, à coté de nos préoccupations nous réaffirmons notre inquiétude face à la recrudescence des agissements déviants adoptés par nombre de nos concitoyens. Nous plaçons notre mandat sous le signe de l’éthique morale. En tout état de cause, nous nourrissons la ferme conviction, que seul le combat contre l’impunité, la moralisation de nos actes de tous les jours et la récompense du mérite, peut inévitablement nous conduire à l’indispensable changement de mentalité et de comportement, sans lesquels, toutes les résolutions et recommandations issues des ateliers et fora sur les dérives comportementales seront vouées à l’échec. C’est pourquoi, les acteurs de la société civile soucieux du devenir de notre pays inscriront toujours comme priorité dans leurs Programmes des actions de sensibilisation à l’adresse de tous les citoyens notamment les jeunes, pour développer la culture du patriotisme, de travail bien fait, de l’abnégation, à l’effet d’amener chacun à une conscience citoyenne, un vrai credo pour notre développement socio économique et culturel.

Excellence Monsieur le Président de la République, l’année 2010 sera riche en événements et actions et nous souhaitons qu’elle soit propice pour toutes les maliennes et tous les maliens. Nous demandons de faire du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, une fête mémorable où nous aurons l’occasion de recevoir au Mali les anciens chefs d’Etat, d’autres imminentes personnalités de l’Afrique et de la diaspora malienne. Comme nous l’avons annoncé à la commission nationale d’organisation du cinquantenaire, nous réitérons aujourd’hui solennellement notre soutien à sa célébration.

C’est le lieu de vous en remercier et de vous donner l’assurance que la société civile ne ménagera aucun effort, pour se faire écho des préoccupations réelles des populations à la base auprès de votre Excellence et pour le renforcement des acquis dans la construction d’un Mali démocratique et prospère.

En réitérant la confiance de l’ensemble des forces vives de la nation en vous-même et au Gouvernement, et au nom de l’ensemble de la société civile, je prie Dieu, qu’il vous donne la force et la santé nécessaire de continuer, la chance de réussir votre mission pour un Mali, prospère, apaisé et où il fera bon vivre.

Excellence Monsieur le Président de la République, TOUT POUR LE MALI

Je vous remercie

Le Président

Boureima Allaye Touré

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